Les geek aussi vivent des aventures


L’informatique m’a toujours passionné, aussi loin que remonte ma mémoire. J’ai toujours voulu être informaticien (comme dans la chanson “ingénieur informaticien” ). Je me rappelle très bien quand j’étais en 6 ème (11 ans ? 1972) avoir ramener à mon prof de math un rouleau de bande perforée en lui demandant de m’aider à le traduire… Déjà à 6 ans je voulais être astronaute ou informaticien … Finalement, comme j’ai le vertige, je me suis dirigé avec enthousiasme vers la deuxième carrière.
(en violet et entre parenthèse le récit technique, très technique :) )
A 15 ans en 1977, j’ai monté mon premier ordinateur de toute pièce (un SCMP 8 bits de chez National 128 octets de RAM et 512 octets de PROM à programmer en HEXA). Oui oui, pas 128 kilo ou 128 mega ou 128 giga, juste 128 octets tout cours,oui, un ordinateur peut tourner avec si peu de mémoire, non, c’est pas une légende . Le tout soudé à l’étain, en me brulant de multiples fois. N’ayant pas beaucoup d’argent, je devais acheter composant par composant, un circuit intégré de RAM 128 octets coutait 70 Fr (10€ env.). L’accès à l’information était difficile: sans rire, pas de doc. techniques sur Internet, pas de programmes à télécharger, en fait c’était le plus dur au delà du manque d’argent. Si un problème technique apparaissait, il fallait le résoudre sans aucune aide. Les rares entreprises n’avait que peu d’information à fournir.
Mes camardes de classe et mes rares amis, me regardaient comme un gros cinglé. Ils pensaient que ‘peut être que les ordinateurs serait partout, un jour ?’. Mais pour l’instant, il y avait l’école, la moto, … En attendant, en cours de math ou de physique, j’étais plongé dans les databooks (livres décrivant les détails technique des composants électronique) que je lisais en les cachant sous la table. Le seul salon informatique de l’époque (le SICOB) se tenait au CNIT, fin des années 70 les entreprises vendant des micro-ordinateurs avaient eu royalement droit à trois (3) tréteaux dans un mobil-home sur le parvis de La Défense. 20 ans plus tard IBM luttait pour sa survie… Voilà c’est ça être geek.

Puis quelques années plus tard, je devais faire deux rencontres qui ont changé ma façon de voir l’informatique, tout d’abord François, un autre geek, développeur surdoué qui me fit rencontrer Laurent, informaticien et jeune chef d’entreprise.
Ensemble nous nous sommes lancés dans la réalisation d’un ordinateur “TOM”, projet qui dura plus d’un an et demi. J’avais beaucoup d’admiration pour leur travail, le développeur me donna plus de rigueur dans mon travail de geek, et l’entrepreneur, me donna envie de manager, car je pensais qu’il était un bon manageur et l’exemple est une émulation. Ces deux amis d’alors m’ont ensuite servis d’exemples pour la suite de ma carrière.

Pendant, de nombreux mois, je suis resté reclus à la maison, écoutant les nouvelles radios FM, et travaillant sur différentes versions de microprocesseurs d’alors. (Qui se rappelle encore des 8 bits 6502,6809 et des 16 bits z8000 pour arriver sur le 68000). L’ensemble fixé sur des plaques en wrapping. La mémoire RAM dont je disposait était de quelques chips de 128K, de la RAM dynamique CMOS, qu’il fallait rafraichir avec des cycles de lecture. Ces cycles de lecture obligatoire étant en fait utilisés pour réaliser l’affichage sur l’écran. Par manque de matériel, c’est un oscilloscope de bas de gamme qui me servait à débugger l’ “ordinateur” (l’entrée synchro sur la sélection des données et l’entrée signal sur une patte du circuit intégré de la mémoire). la méthode d’assemblage, le wrapping, très pratique, mais générant des parasites à haute vitesse, des condensateurs de qlq picoFarad servait à rétablir les délais entre les différents signaux et éliminer les “glitchs”. J’étais assez fier d’avoir trouvé seul une méthode pour synchroniser des cycles d’horloges différents avec un seul quartz servant de filtre (sans doute une méthode qui doit être assez connue maintenant).
Seule les périodes intenses de révision du CCIE, me rapelle un peu cette époque.

Si nous avions eu les financements, mon ami aurait pu être le Steve Job français et moi plutôt le Steve Wozniak, mais bon, nous étions en France en 1984 et le PC (d’IBM) arrivait sur le marché… Ce projet je pense nous a beaucoup appris. Si j’en parle dans ce post, c’est qu’il a démarré il y a 30 ans en 1983 et que je viens de retrouver dans mes affaires, sur quelques feuilles des idées et schémas techniques que j’avais fait à l’époque. Bien-sûr, il ne faut jamais avoir de regrets, et on a pas souvent la chance de vivre de genre d’expérience. Loin d’être un échec, ce projet fut plutôt un départ. Et je reste persuadé que ce type d’aventure a fait que j’aime mon métier encore plus et surtout que j’ai la chance de me réaliser dans mon travail.

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